Métiers de relations Extrait du chapitre II
Médecins, mires, guérisseurs - barbiers, chirurgiens- dentistes, arracheurs de dents, empiriques - domestiques
Les médecins, fort ridiculisés de tous les temps, ont une histoire trop complexe pour qu'il soit facile même de l'abréger. D'abord - et probablement - guérisseurs et rebouteurs avant le XIIIe siècle, les mires, comme on les appelait, purent, dès le XIIe siècle, suivre des cours sérieux professés à Montpellier, et fondés, d'après ce que l'on croit le plus généralement, par des médecins juifs venus d'Espagne. Il y avait alors des cérémonies de réception, et cette réception comportait le baccalauréat, la licence, et des épreuves d'examen ; mais tout cela ne fut réglé que dans les statuts de 1220. Paris avait aussi son école au XIIIe siècle ; la création en fut toutefois postérieure à celle de Montpellier ; d'abord englobée dans l'Université, elle s'en sépara avec les Facultés de droit et de théologie. Une règle curieuse de cette école, avant le XVe siècle, c'est que ses élèves étaient astreints à être clercs et à garder le célibat ; ils devaient en outre avoir étudié la philosophie, et avoir la maîtrise ès arts lorsqu'ils se destinaient à suivre cette carrière et à en prendre les degrés. Les docteurs reçus pouvaient être élus parmi les professeurs, qui se renouvelaient chaque année après les fêtes de la Toussaint. Certes, les cours professés dans les grandes écoles d'alors ne comportaient point de grands développements expérimentaux. Il n'était point question alors d'histologie, de microbes ou d'électricité. Réduits aux préceptes des anciens qu'ils arrangeaient à leur fantaisie, les professeurs n'enseignaient guère qu'un art empirique et irrésolu dont un rebouteur rougirait aujourd'hui. D'ailleurs très sévères pour leurs rivaux mal pourvus de diplômes, les médecins des Facultés s'élevaient très durement contre eux, et en 1350, en 1352, à Montpellier et à Paris, les plaintes les plus vives amenèrent des règlements contre les délinquants ; ces règlements prévalurent jusqu'à nos jours. Il faut reconnaître que les prescriptions actuelles ont leur raison d'être en tant que mesures de précaution contre les gens assez sots pour se livrer aux empiriques ; mais, au XIIIe siècle, tous les mires l'étaient plus ou moins, et ce n'est que vers la fin du XIVe siècle, en 1396, que les officiers de Montpellier reçurent ordre de livrer une fois l'an le cadavre d'un criminel pour l'étudier... (Retour)
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